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Hivernale 2026 - de Melun à Nîmes

mardi 24 février 2026, par Carole Lemoine

Voilà ! S’achève une parenthèse ouverte au petit matin du 8 février à la gare de Melun et refermée 9 jours plus tard, sous un soleil radieux à la Tour Magne à Nîmes.
950 km parcourus dans des conditions hivernales où Dame Nature nous a concocté une ambiance aux petits oignons ; rien n’a été oublié, la pluie, le vent, la boue, la neige, le verglas et aussi le soleil. On avance vaille que vaille.

Sure les routes

On a ouvert notre livre de géographie et on le parcourt au rythme de nos coups de pédale. Sancerre, La Charité/Loire, Nevers, Moulins, Riom, Clermond-Ferrand, Issoire, Massiac, Murat, Saint-Flour, La Margeride, Mende, Florac, Saint-Jean-du Gard, Anduze, on descend vers le Sud tout en s’élevant progressivement sur les pentes du Massif-Central.

Sur les berges de la Seine

On passe de la Seine à la Loire, de la Loire à l’Allier,

L’Allier
Les bords de Loire à Nevers

tous ces cours d’eau ! la Sioule, la Couze, l’Allagnon, l’Ander, le Gardon, j’en oublie, ils sont tous à la fête, ça bouillonne, ça déborde, ça charrie, on s’adapte, on se détourne mais rien n’arrête notre détermination, notre volonté d’aller voir plus loin, au-delà de cette forêt, derrière cette colline, en haut de cette montagne, sur l’autre rive de cette rivière en crue.

ça déborde

La nature est belle, rude, sauvage, le froid se fait mordant, on traverse le vide, mais on n’est pas seul. Un vol de grues juste au-dessus de nos têtes salue d’un grand V notre arrivée au col de Combalut. Là, les petits doigts d’une loutre sur les berges inondées de l’Allagnon. A-t-elle réussi à se saisir d’un saumon ? Ici, un gros gibier a laissé son empreinte dans la boue du chemin, là encore, ce renard divagant qui a parsemé la neige de petits trèfles à 4 feuilles. Et de loin en loin, de robustes chevaux qui nous regardent passer ou ce troupeau de vaches Aubrac accompagné de son splendide taureau qui arpente l’herbage de son pas martial.

Thomas et son "monde à tricycle"

Ce sont de belles rencontres, ce couple de retraités qui nous offre l’abri de leur auvent et 2 grands mugs d’un excellent café, le temps de réparer une crevaison ; Thomas notre livreur de vêtements, croisé dans le Val de Sioule en route sur son tricycle pour Lens et ses corons ;

Le gîte communal de Valuéjols

des habitants attachés à leurs terres, qui animent des petits lieux de vie qui réchauffent et réconfortent. Le gîte communal de Valuéjols, ouvert exprès pour nous quatre, où l’on arrive trempés et transis de froid.

Le café Margeride à Saint-Denis-en-Largeride

Saint-Denis-en-Margeride, son café si chaleureux et la patronne au comptoir d’une tristesse infinie ; son « homme idéal » est parti voilà déjà 3 mois. Il est là dans son cadre sur une table près de la cheminée qui flambe. Il nous regarde.
On continue notre chemin.

Et puis, la parenthèse hors de tout se referme le temps d’une bascule dans l’autre monde, celui du bruit, de la fureur, de la crasse. Ce sont d’autres empreintes qui nous agressent, plus durables celles-là, laissées à notre appréciation le long des talus et des fossés. Un autre type de taureau se fait alors très présent. Quelques cinglés qui manquent de nous renverser, surtout ne pas oublier le monde et ses dangers !
Et on s’évapore à nouveau dans des paysages magnifiques.


Voir en ligne : @challengetourmagne

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