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Tout autour de la France à bicyclette (6)

lundi 6 juillet 2026, par Jean L’Hour

15 mai - 28 juin 1995

29 mai Landerneau - St Michel en Grèves 126 km

Poussé par un bon vent du Sud-Ouest, je file le long de l’Elorn vers Landivisiau, puis Roscoff et St Pol de Léon. La journée sera entrecoupée d’averses, mais je parviendrai, moyennant quelques arrêts assez longs, à esquiver la plupart des grains. A partir de Plouvorn je rentre dans la fameuse Ceinture Dorée, le pays des ‘julots’, c’est à dire des riches producteurs de primeurs. Je les vois ce matin très actifs, occupés à couper les derniers choux et les premiers artichauts de la saison. Bien que visiblement très occupé, un agriculteur prend le temps de répondre à mes demandes d’explications. La conversation, inévitablement, débouche sur les problèmes de commercialisation des produits, les prix..

Roscoff est plein d’Anglais et d’Irlandais, dont beaucoup de cyclistes, qui s’apprêtent à prendre le ferry. Je me contenterai de les voir partir... avant d’aller un jour peut-être tenter ma chance de l’autre côté de la Manche... A St Pol de Léon je cahote sur les rues pavées tout en admirant la cathédrale et la merveilleuse flèche du Kreisker. J’ai un souvenir pour les années de pension qu’ont vécues ici ma mère et mon frère aîné. Depuis St Pol, la route m’emmène vers le Pont de la Corde au-dessus de la Penzé, puis vers Carantec. Le temps est très changeant. Les nuages courent à toute vitesse dans le ciel qui passe du bleu au gris puis au noir avec une incroyable rapidité. La vigueur du vent m’aide à calculer mes arrêts pour laisser passer les grains. Je remonte ensuite la merveilleuse rivière de Morlaix. La marée est descendante et le lit de la rivière s’élargit sans cesse. Je suis surpris par le grand nombre de cyclistes anglais que je double, qui me doublent ou que je croise. La conversation s’établit facilement, car ce ne sont pas des gens pressés. Ils sont venus ici, profitant du week end de la Pentecôte, pour se promener et non pour avaler des centaines de kilomètres.

A partir de Morlaix, je modifie mon itinéraire. La rivière de Morlaix m’a conquis et je ne veux pas la quitter. Au prix de quelques kilomètres supplémentaires je remonte donc la rive droite ed la rivière, puis le Dourduff pour aboutir au Diben et à la Pointe de Primel. Je prends ensuite une petite route qui surplombe la côte au nord de Plougasnou et me conduit jusqu’à Loquirec. Les petites routes ne sont pas très bonnes et le spectacle de la mer en bas me distrait parfois du chemin. Dans une descente je me laisse aller et ne parviens pas à éviter un beau nid de poule. Je sens immédiatement la roue arrière qui se met à flotter. Rayon cassé, roue voilée. Il va falloir y remédier avant que le mal n’empire. A Loquirec, pas de ‘vélociste’. Je poursuis ma route jusqu’à Plestin Les Grèves, roulant en danseuse pour soulager la roue. A Plestin, un jeune homme me donne l’adresse d’un monsieur qui, selon lui, s’y connaît en bicyclettes. C’est un cabaretier, ancien coureur du Tour de France : Hamon. Il a couru avec Anquetil, mais aussi avec Yvon Marrec et Thomin, mes anciens condisciples d’école primaire. Quelle chance ! Tandis qu’il répare ma roue, ce qui ne lui prend pas beaucoup de temps, nous parlons vélo et tour de France avec les clients du café. Comme je suis en fin d’étape, je me permets une petite bière, avant de repartir pour St Michel en Grève, à l’autre extrémité de la grande baie.

Aujourd’hui j’ai quitté le Finistère. C’est le département qui m’aura retenu le plus longtemps depuis le départ et sans doute jusqu’au bout. Je n’en regrette pas un kilomètre ni un souffle de ce vent qui ne cesse de fouetter le visage et les jambes, ni le parfum des algues, ni les somptueux massifs de rhododendrons, ni les genêts ni les ajoncs, ni les jeunes semis de maïs luttant courageusement à la Pointe de Corsen pour survivre et grandir, ni les superbes champs d’artichauts de la Ceinture Dorée, ni les criques plus sauvages les unes que les autres, ni les calvaires, ni ces noms aux assonances mystérieuses au coin de chaque hameau, ni les clochers ajourés, ni ces bateaux multicolores qui s’inclinent paresseusement sur les plages désertées par la mer ou ballottent comme des bouchons dès que l’eau monte... Le Finistère - Pen Ar Bed - est sans nul doute l’une des régions les plus fascinantes que je connaisse. Sans l’oublier, je pars maintenant vers d’autres pays, vers d’autres rencontres, d’autres découvertes.

Après deux pleines semaines de vélo, les jambes tournent bien. Je n’ai pas encore eu à puiser dans mes réserves. J’apprends jour après jour à gérer mon temps et mes forces, à ne pas me laisser emporter par l’euphorie ni décourager par les chutes de pression. Ce soir je me couche de bonne heure dans une chambre qui domine la baie de St Michel en Grève. La mer s’en est allée très loin là-bas, mais demain matin au lever, je sais qu’elle sera revenue pour me saluer.

Morlaix
Trégastel La grève blanche

30 mai St Michel en Grève - Etables sur Mer 115 km 1100 m

C’est l’étape presque idéale, avec un vent arrière pendant les trois quarts du parcours. Une fois de plus je serai surpris par le nombre et l’intensité des montées. Je plonge sur Lannion à l’heure où les ‘travailleurs’ rejoignent leurs postes ! De Lannion je remonte sur le plateau qui va me conduire vers la côte de Granit Rose. Quelle n’est pas ma surprise de passer sous la banderole de l’arrivée de la première étape du Tour de France 1995. Le Tour n’est pas encore parti, mais tout est déjà en place. Je passe donc premier, très détaché ! En me trompant de route à la sortie d’un rond-point, je me trouve tout d’un coup devant une entreprise dont la porte d’entrée est gardée par un grand nombre d’employés. C’est le CNET et les employés sont en grève pour protester contre les projets de privatisation des Telecom. Ils savent qu’il n’y a pas de privatisation sans ‘plans sociaux’ et, à juste titre, ils craignent pour leur avenir. Je discute un moment avec eux sur les raisons de la grève et, très rapidement, la conversation vire au vélo, les cyclistes, qui semblent assez nombreux, venant aux nouvelles et voulant sans doute rêver un peu pour échapper à la grisaille de leurs soucis. En les quittant, j’ai conscience d’être un privilégié. Je suis dans le jeu, ils sont dans une situation qui n’a rien de ludique. Mais, curieusement, un sentiment de fraternité est passé entre nous.

J’arrive bientôt sur les collines de Trégastel où j’ai fait plusieurs colonies de vacances il y a une quarantaine d’années. Les lieux ont changé et de jolies maisons remplacent maintenant les baraques de notre colonie. Je me souviens qu’à cette époque je regardais avec une certaine envie incrédule les enfants qui se rendaient à la plage avec leurs parents. C’était un luxe qui me paraissait inaccessible et qui l’était, d’ailleurs, pour la plupart des enfants de mon âge. Aujourd’hui je passe là, tout seul, en vélo, libre, maître de mon temps et de mon itinéraire. Que de chemin parcouru, de liberté gagnée, d’illusions heureusement perdues.

A Tréguier je prends le temps de visiter la vieille cathédrale, symbole du gothique flamboyant qui a laissé tant de monuments en Bretagne. La variété de forme des piliers est étonnante et les vitraux modernes sont une réussite assez rare. Sur la place de la cathédrale, Renan trône. Le voisinage des deux symboles est du plus curieux effet. Je ne manque pas de photographier ce grand homme de la pensée libre.

A Paimpol ma déception est grande. Les manèges et les tentes d’une fête foraine encerclent le port au point de le soustraire totalement aux regards. C’est un viol, une atteinte à la liberté des yeux, un crime de lèse-majesté contre les bateaux et contre la mer. Je m’enfuis donc jusqu’à la Pointe de l’Argouest entourée de son chapelet d’îles. L’île de Bréhat est à deux coups de rame. Je passe quelques minutes à étudier les heures de passage, mais je n’ai pas l’intention ni le temps de refaire ce petit voyage . Mes derniers pas sur cette île paradisiaque resteront ceux que j’y ai tracés avec mes amis il y a 20 ans.

Il ne me reste plus qu’à dévaler la côte ouest de la baie de St Brieuc. Avant d’arriver à Plouha, je rattrape une dame en vélo qui transporte un grand bouquet de fleurs. En la saluant au passage, je me rends compte qu’elle a envie de parler. Je ralentis donc mon allure et nous roulons de conserve pendant deux kilomètres, le temps qu’elle me raconte sa vie. Elle va porter ses fleurs à une vieille dame malade, qui a été très gentille avec elle et que ses enfants ont délogée et délaissée... Je lui parle de ma mère que je vais voir dans deux jours...

Avant de poser monture et bagages chez ma soeur, à Etables, je fais une petite halte près d’une chapelle qui surplombe la mer. C’est un endroit que je connais bien, mais le rappel des souvenirs a toujours quelque chose d’un peu douloureux. Je ne m’attarde pas et j’arrive de bonne heure à l’escale du jour. Je passe de longues heures très agréables en compagnie de ma soeur et de son mari.

Tréguier : la statue d’E. Renan

On ne fait de grande choses
qu’avec la sience et la vertu
- La foi qu’on a eue ne doit
jamai être une chaine -
L’homme fait la beauté de ce qu’il aime
et la sainteté de ce qu’il croit.

Etables-sur-Mer : une halte de souvenirs

31 mai Etables - Rennes 130 km 850 m

Encore un vent parfait : un frais noroît qui m’accompagnera toute la journée. L’accès à St Brieuc et la traversée de la ville sont assez compliqués dès lors qu’on veut éviter les grandes artères et le voisinage des camions. Je dois demander mon chemin une bonne dizaine de fois. Les personnes auxquelles je m’adresse sont toujours d’une grande amabilité mais d’une compétence inégale. La plupart ignorent tout des contraintes de la bicyclette. Les employés de voirie et de l’Equipement sont généralement de très bons informateurs. Je suis d’ailleurs fort surpris de les voir si nombreux partout où je passe. Est-ce l’approche des élections municipales qui les envoie ainsi combler tous les nids de poules sur les chaussées ?

En passant à Yffiniac, au fond de la merveilleuse baie de St Brieuc, le souvenir des exploits de Bernard Hinault me donne du courage. Je quitte à regret le bord de mer pour m’enfoncer dans les terres du centre de la Bretagne. Aujourd’hui, en effet, je déroge à la règle première de mon projet qui était de longer les côtes et les frontières. J’ai rendez-vous demain avec ma mère et cela mérite bien cet accroc au programme. Si j’en juge d’après la taille des maïs, le climat est ici plus rude que sur le pourtour des côtes. La culture sous paillis de plastique est très répandue et donne au paysage un aspect assez irréel et peu esthétique. L’esthétique, hélas, et l’économie ne font pas souvent bon ménage et les paysans de l’Argoat, à la différence de ceux de la Beauce ou de la Ceinture Dorée, doivent peiner durement pour arracher leur susbsistance à un sol très ingrat. Sans la manne de Bruxelles, et quoi qu’ils en aient contre les ‘technocrates’ de la CEE, la plupart de ces agriculteurs auraient sans doute déjà rejoint les bataillons de chômeurs dans les villes.

Aujourd’hui, mes genoux me font un peu mal. C’est que, sans m’en être méfié, je me suis trop appuyé sur le vent arrière pour enrouler de plus gros développements. Je rectifie donc l’allure en me rappelant les conseils des vieux routiers : « N’hésite pas à ralentir quand tout va bien et que tu te sens en grande forme. »

Au fil des étapes j’apprends à apprécier de plus en plus le moment présent sans trop penser à mon heure d’arrivée, à ce que je trouverai au terme de la journée. L’important, c’est la pédalée, c’est le pré sur ma gauche ou le bois sur ma droite, ce bosquet de chênes sur le haut de la colline, ce troupeau de vaches aux pis énormes qui suspendent un instant leur repas pour me regarder passer, ce vieux monsieur assis devant la porte de sa maison et qui répond au salut que je lui adresse. J’adore saluer les personnes que je rencontre. Certaines paraissent surprises, toutes répondent et sourient. Rouler ainsi pendant des kilomètres et des dizaines de kilomètres en accueillant tout ce qui se présente, c’est le bonheur. Trop souvent, hélas, les coups intempestifs de klaxons viennent le troubler.

A St Méen Le Grand, patrie de Louison Bobet, je fais halte pour me restaurer. Dans le café qui me reçoit, un homme très handicapé et un peu simple engage la conversation et ne veut plus me quitter. Il va jusqu’à me montrer les cicatrices qu’il a sur la poitrine et qui, de fait, méritent la visite. Il est triste comme un enfant quand je m’en vais. Avant de pénétrer dans Rennes, je fais un petit détour par L’Hermitage pour aller saluer mes anciens camarades de travail. Ils sont surpris de me voir débarquer dans leurs bureaux et me reçoivent selon les meilleures traditions de la maison. Mais que je suis heureux d’être libéré du travail ! Quand je sors de ces bureaux, j’ai l’impression de quitter l’école pour de très grandes vacances.

De toutes les villes traversées jusqu’à présent, Rennes mérite incontestablement la palme d’or du cyclisme urbain pour son réseau impressionnant de pistes cyclables bien entretenues et bien fléchées. Le maire serait-il un cyclo ? Il l’est, en effet, c’est ce que j’apprendrai ce soir.

Etables-sur-Mer Marie-Thérèse et Paul Heureux, Amusés, Interrogatif ?..
St Brieuc : le port de Légué

1er juin Rennes Journée de repos

Cette première journée de repos est bien venue. Ma ‘petite soeur’ et son mari m’offrent les conditions idéales pour que j’en profite au maximum. Longue soirée de bavardage et longue nuit ont fait de moi un homme neuf. Je vais rendre visite à ma mère dans une maison de retraite non loin de Rennes. A 88 ans, ne pouvant presque plus marcher ni lire, elle suit quotidiennement le périple de son fils, avec un peu d’anxiété et beaucoup de fierté. Quel contraste douloureux entre cette envie de vie et d’aventure et l’incapacité du corps à suivre... Je me dis que, désormais, il me faudra pédaler, regarder, écouter pour dix, pour cent, pour tous ceux, jeunes ou vieux, que la misère, la maladie ou l’âge étouffent dans leurs rêves. Mais peut-être font-ils des voyages plus merveilleux encore ? Peut-être sont-ils encore plus libres de leurs désirs et de leurs envolées ? Je l’espère mais n’en suis pas sûr. Non, décidément, la maladie, la misère, la vieillesse ne sont pas bonnes. Mais puisque, à un moment ou l’autre, l’une ou l’autre au moins est inévitable, il convient de s’y préparer. Il me semble que la pratique du vélo n’est pas un mauvais moyen.

La journée de repos s’achève. J’ai déjà hâte de reprendre la route, de toucher le macadam, de vérifier que mon rêve est intact, de courir paisiblement vers le port qui ne cesse de s’éloigner mais dont je sais qu’il m’accueillera.

Valaine, entre St Brice-en-Coglès et St James

2 juin Rennes - Granville (Bréhal) 139 km

Toutes les nuits, sauf une, que j’ai passées en Bretagne il a plu, parfois violemment. Tous les matins je suis parti en me disant que la douche serait pour aujourd’hui. Et tous les jours, sans exception, la pluie s’est arrêtée juste avant l’heure du départ. Ce matin, le même scénario se reproduit. A peine sorti de Rennes, j’enlève donc mes pelures de pluie pour ne garder que mes jambières à cause de la fraîcheur. Je craignais que cette journée de repos n’ait ramolli mes muscles. Il n’en est rien, bien au contraire. Je me sens rempli d’une énergie nouvelle. Il est vrai que la gentillesse de mes hôtes, l’intérêt affectueux de ma mère ont redoublé ma motivation.

Laissant derrière moi la Bretagne, j’entre dans une région de bocage entrecoupée de magnifiques forêts de hêtres et de chênes. Près de St Aubin du Cormier, je fais une brève visite à Christiane et à son jeune fils atteint du sida. Ce jeune homme a 30 ans... J’ai presque honte, moi qui ai plus du double de son âge, de reprendre mon vélo et de m’en aller à l’aventure. J’ai le sentiment qu’il a été volé et que je suis un peu le voleur. A Granville, devant un jeune paraplégique j’aurai le même sentiment... Que puis-je faire face à ces misères sinon rouler, rouler encore, écouter, regarder, découvrir avec une énergie décuplée. Au fond, on pourrait imaginer une sorte de profession ou de vocation : voyager, faire du vélo pour tous ceux que cela passionne et qui ne peuvent le faire. Les romanciers et les reporters font-ils autre chose ?

L’une de mes surprises un peu désagréables est que beaucoup de cyclistes rencontrés paraissent enfermés dans leur bulle et ne savent pas répondre à un salut. Il y a heureusement des exceptions, tels ces cyclos du Club d’Oloron Ste Marie qui, me voyant à l’arrêt, s’étaient spontanément déroutés pour faire la causette et voir si je n’avais besoin de rien. Il y a aussi, à l’abord des villages, ces femmes qui font leurs courses en vélo et qui engagent facilement la conversation pour peu qu’on ralentisse un peu l’allure. Les hommes sont généralement moins causants et sans doute font-ils aussi moins les courses !

L’approche d’Avranches est laborieuse et je dois m’y reprendre à plusieurs fois pour dénicher les bonnes routes, celles qui ne sont ni trop fréquentées ni trop détournées. Pendant une vingtaine de kilomètres je roule au soleil et le résultat n’est pas mauvais.

Dans la montée sur Avranches, je retrouve la mer que j’avais laissée à St Brieuc. La mer est basse et le Mt St Michel avec sa flèche d’une pureté totale se dresse tout seul sur l’immensité de la baie. Que faut-il admirer le plus ? La foi des moines qui surent construire cette merveille ou le courage des soldats qui surent la défendre contre ennemis et marées ? C’est un grand moment de contemplation qui se prolongera tout au long de ma chevauchée par la route de la côte : Genêts, St Jean de Thomas, Carolles et sa falaise, Jullonville... A St Pair sur Mer, autre spectacle : la découverte de Granville, de son port et de sa ville haute. Je m’y attarde, attablé devant le port. Là, plus loin, il y a Chausey, les îles anglo-normandes... et encore beaucoup de rêves... Je sais que tous les rêves ne peuvent se réaliser, c’est un monde inépuisable.

... Et pourtant, mon rêve de tour de la France est en train de se réaliser. Je m’en émerveille. Comme je m’émerveille de la manière dont Claire, mes amis de Toulouse, mes parents et tant d’amis semblent faire leur cette petite aventure qui pour moi est grande. Certes, je sais que je ne fais que passer, et je rate certainement mille trésors... Mais ceux que je découvre me comblent et, si je passe, c’est à la force des mollets avec mes deux petites roues. Toute la différence est là.

La journée de demain sera longue et le temps est toujours incertain. Je décide de prolonger l’étape d’aujourd’hui et je parcours encore une quinzaine de kilomètres jusqu’à Bréhal. Je cherche un B & B (Bed and Breakfast), car il y en a beaucoup dans la région. L’inconvénient est que ces gites n’offrent pas le dîner et se trouvent assez loin de tout restaurant. Comme je n’ai nulle envie de reprendre le vélo pour aller manger, je me trouve une chambre dans un petit hôtel du village.

Le Mt St Michel vu de Genêt
et de Bec d’Andain

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