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De retour de l’Aubrac

jeudi 4 juin 2026, par Adeline Galasso, Luc Passera

Le week-end de Pentecôte à Espalion, sous un soleil radieux, restera dans les annales comme un des séjours inoubliables du club ; voici ce qu’a retenu Luc.

Ces lignes rapidement écrites ont simplement pour but de fixer les évènements les plus marquants de notre séjour à Espalion, le temps du week-end Pentecôte 2026.

Des remerciements d’abord à nos deux cicérones Marie-Agnès et son compagnon fins connaisseurs de la région. Ils ont partagé avec nous le gîte, le couvert et la route. Merci à eux comme merci à Jean-Luc pour le choix des parcours. Sauf erreur nous étions 17 au camping plus 4 dans leurs camping-cars et 2 en gîte.
Un mot sur la météo : il a fait chaud tout le week-end, parfois même très chaud sans toutefois atteindre le niveau « canicule » car les nuits sont restées fraîches. Cet épisode de grand ciel bleu était le bienvenu après un week-end de l’Ascension catastrophique. Les conditions étaient donc optimales pour le traditionnel apéro du club le vendredi soir. Nos cicérones en offrirent un deuxième à base de fleurs de sureau, apprécié lui aussi. Merci à eux.
Un mot sur le camping. Les « portes des monts d’Aubrac » ont été appréciées. Logements spacieux, une restauration convenable, des petites charrettes pour convoyer nos bagages.

Une fois assimilée l’organisation un peu rigide du déroulement de la restauration collective, les repas ont été pris en terrasse pour bénéficier d’une température agréable en soirée.

Et le vélo dans tout ça ? Commençons par les moments les plus désagréables : pas de vraies catastrophes comme des chutes mais un vélo cassé, celui d’Adeline. La patte de cadre qui reçoit la patte du dérailleur a cédé.

Un spécialiste de la soudure et des créations de pièces en matières composites siégeant à L’Union est au chevet du vélo . Adeline nous en reparlera. Un peu de chance quand même car elle a pu immédiatement emprunter la voiture de Christian/Christiane qui arrêtaient leur approche voiture à l’endroit précis de la casse. Et c’est ce même véhicule qui au retour prendra en charge Isabelle victime d’une crevaison non réparable. Puisqu’on parle de crevaison celle d’Annie ne fut pas une surprise. Annie et Armand améliorent leur bilan carbone en amenant leurs pneus jusqu’à usure totale !
Personne n’a été déçu par les parcours même s’ils étaient exigeants. La possibilité de trouver des variantes moins fatigantes a permis à tout le monde de rouler selon ses capacités.
Le samedi matin très belle « descente » du Lot avec les beaux villages d’Estaing et d’Entraygues -sur-Truyère, leurs ponts et leurs châteaux. Notre route est encore dans l’ombre alors que le soleil illumine la rive gauche magnifiant le paysage.

Un petit tour dans Estaing et ses ruelles anciennes et nous nous regroupons à Entraygues-sur-Truyère pour déjeuner. Il faut à présent grimper sur le Plateau et gagner 300 ou 400 mètres de dénivelé. La pente est raisonnable et les nombreux passages à l’ombre sont appréciés. Pas de surfaces désolées sur ce plateau mais au contraire beaucoup de prairies encore bien vertes. Le plus dur ce jour-là est venu d’où on ne l’attendait pas : la descente sur Estaing par la V86. C’est le chemin de Saint-Jacques très fréquenté ce jour-là par des pèlerins suant sang et eau pour gravir ce mauvais chemin. Ils transpiraient pour monter, nous avons aussi transpirés…mais de peur tant la descente était périlleuse tout freins serrés. Nous sommes nombreux à garder en mémoire deux ou trois virages serrés où les mains ne pouvaient plus tenir les poignées des freins. Heureusement, l’un d’eux possédait un faux « bac à sable » (un départ de sentier !) qui a permis à plusieurs d’éviter un « tout droit ».
Pour récupérer et se remettre des émotions nous avons pensé qu’un verre en terrasse serait le bienvenu à l’entrée d’Espalion. Je ne sais plus si c’est lors de cet arrêt ou ailleurs pour une autre pause-café que nous avons rejoué le célèbre sketch « l’addition » de Muriel Robin. Il faut dire que nous ne facilitons par le service : arrivées échelonnées, des désirs variables qui vont d’une bière traditionnelle à un hé vert ou un Vittel-menthe, des paiements groupés selon des critères obscurs pour le serveur et le malheureux « garçon » est souvent perdu. Heureusement que le trésorier veille au grain et sait rétablir le véritable montant de l’addition.
Le dimanche c’est au départ que la difficulté nichait : environ 2 km d’une montée où certains mirent pied à terre pour franchir du 12% et même plus selon les possesseurs d’un outil moderne de géolocalisation. Mais au sommet que le trou de Bozouls était magnifique sous le soleil !

C’est là que l’on apprécie un café. A Saint-Côme d’Olt c’est une petite fête qui nous attendait. La jeunesse dansait sur une estrade carrée de 15 ou 20 m de côté. Que pensez-vous que fit Christian ? Il hissa son vélo sur l’estrade et en fit plusieurs fois le tour sous les acclamations du public. Pendant ce temps d’autres ont rallongé , Marc et Jean-Luc ont même réalisé leur Dodécaudax mensuel de 100km . Le reste de la troupe trouva des échappatoires plus ou moins longues pour limiter le kilométrage. Et finir l’après-midi à la piscine du camping.
Le lundi est toujours spécial car chacun regagne ses pénates en fin d’après-midi. Il faut alors libérer les habitations avant une certaine heure. Départs échelonnés, certains depuis le camping, d’autres privilégiant une approche voiture. Chacun sait que la montée vers le buron des Bouals à plus de 1300 m d’altitude sera longue de 30 km. Les plus costauds, partis d’Espalion, ont dû franchir des pentes très raides dès le départ. Il y a beaucoup de passages à 8/10% sur les 5 premiers km. Mais la route est parfaite, la circulation modérée et les prairies piquetées de narcisses donnent du plaisir à pédaler.

Et surprise agréable la petite troupe rattrape un troupeau de vaches aux cornes ornées d’un tricolore patriotique.

Ce sont des retardataires de la transhumance officielle qui s’est déroulée la veille.< Ils ont ainsi le plaisir ( ?) de rouler sur des bouses fraîches. De leur côté les Maillard, les Forestié et Luc sont partis de plus haut. Ils ne rencontreront que des bouses sèches de la veille au grand désappointement de Luc qui espérait voir des bousiers à l’œuvre. Pas de bousiers donc mais aussi bien peu de grillons et leurs cri-cri. On touche là, sinon du bout du doigt mais du bout de l’oreille la disparition dramatique des insectes de notre environnement.
Les 10 derniers kilomètres sont peu pentus. Une fois traversée la Dômerie d’Aubrac ils laissent le temps de voir évoluer les vaches Salers qui semblent apprécier l’herbe grasse de leurs pâturages. La route est tellement agréable que Christian et Christiane dépassent le buron et ne réagissent qu’au sommet du col d’Aubrac pour faire demi-tour !

Le regroupement a lieu au buron des Bouals où l’on voit à l’œuvre le préposé à la préparation de l’aligot muni d’une cuillère qui permettrait de souper sans danger avec le diable. Nous le dégusterons (l’aligot, pas le diable) à l’extérieur, abrités du soleil par de grands parasols.

Certains l’accompagneront de la saucisse traditionnelle, d’autres préfèreront un délicieux pavé de bœuf.
L’euphorie règne en maître pour le retour si bien que Lili se souvient in extremis qu’elle a oublié de payer son écot !
Il ne reste plus qu’à se laisser glisser vers Espalion en appréciant des pointes à plus de 60 km/h.
C’était un peu le baptême du feu pour Isabelle et Michel. Ils ont passé toutes les difficultés sans aucun souci. Ils reviendront !

Chacun repartira avec le souvenir d’un week-end réussi, exigeant pour les pourcentages mais pourvoyeur d’images que les cyclotouristes aiment tant.

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