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Séjour de juin en Lozère

mardi 14 juillet 2026, par François Poret

Suite à une rencontre improbable
La présidente du cyclo club de l’Union
M’a demandé un souhait envisageable
Guider des aventuriers dans notre région

Le choix des tracés ne fut pas simple affaire
Quels panels de parcours allions-nous proposer
Aubrac, Margeride ou encore Monts Verts
Il fut décidé que ce serait Mont-Mouchet

Quelle belle semaine avons-nous passé
Amitié, convivialité et partage
Nos belles bicyclettes nous ont rapproché
De gentils toulousains en mode voyage

Et pour vous remercier de notre intégration
Dans une équipe de copains très soudés
Petite tarte aux myrtilles nous vous offrons
Fruits de la Margeride autant convoités

Après votre retour dans la ville rose
Quels heureux souvenirs garderez-vous
Pourquoi pas l’envie d’une nouvelle overdose
De paysages et forêts à l’infini

(poème rédigé par Marie Agnès)

Séjour juin 2026 Lozère

C’est une belle rencontre qui est à l’origine de notre présence à Le-Malzieu-Ville sur cette deuxième semaine du mois de juin. En effet lors d’une rando féminine, Adeline, notre présidente et Marie Agnès, une cyclotouriste de la région, avaient sympathisé. De fil en aiguille, était apparue l’idée de situer notre prochain séjour, pour la semaine du club, à cet endroit en Margeride.
Une bonne idée : ainsi nous avons bénéficié de la présence, à nos côtés, de Marie Agnès et de son compagnon Christian soit deux guides et accompagnateurs compétents et attentionnés. Nous avons profité d’un climat frais et ventilé le long d’une parfaite semaine de beau temps où nous avons parcouru de fort jolis paysages. Et nous étions hébergés dans des chalets spacieux et confortables dans un parc agréablement arboré.
Le premier soir, le samedi 6 juin, ce sont les retrouvailles pour un petit apéritif qui regroupe tous les participants, y compris Marie Agnès et Christian. A noter aussi la présence de Ghislain et Nathalie ralliés récemment à la pratique du vélo alors qu’ils pratiquent le plus souvent la course à pied sur les chemins et les pistes. Ceci est d’autant plus remarquable que Nathalie se remet doucement d’une lourde chute de vélo qui s’est produite en mars dernier.

Dimanche 7 juin : Les Monts Verts (67km et 908m de dénivelé : données Open Runner)

Nous partons au sud vers St Alban-sur-Limagnole sous la conduite de Christian, Marie Agnès étant retenue par une journée cyclo féminine. Nous suivons les rivières Limagnole et Rimeize dans un paysage très vert entremêlant bosquets et prés. Après Aumont-Aubrac, nous progressons dans une campagne souvent boisée avec quelques maisons et fermes isolées. Ayant dépassé Fau-de-Peyre, nous trouvons une petite pinède dont le sol est recouvert de mousse : de quoi faire un bon coin pique-nique.

Les vaches et génisses Aubrac à la belle robe blonde et aux traits juvéniles nous regardent passer de leurs yeux maquillés de noir. Elles semblent fascinées par notre cohorte d’étendards jaune fluo. C’est du moins à cette conclusion que conduit l’investigation que lancera Adeline un peu plus tard : les bovins seraient très sensibles aux couleurs vives comme le jaune et au mouvement des surfaces colorées. Peut-être est-ce la cause, lors de certains passages de notre groupe, de leurs galops enfiévrés à travers les prés ? Quant aux taureaux, quand ils sont présents, ils jouent l’indifférence avec leur poitrail massif coloré de noir.

La suite de la randonnée est marquée par un passage d’environ un kilomètre sans revêtement bitumé : quelques ornières et quelques graviers puis très vite le soulagement avec un chemin de terre qui s’aplanit. A St Chély-d’Apcher, la recherche d’un café en ce début de dimanche après-midi est couronnée de succès, d’autant plus que l’on retrouve quelques unionais qui, un peu plus tôt, n’avaient pas résisté à la tentation du raccourci.

Christian nous conduit vers les restes de la forteresse médiévale d’Apcher construite sur une hauteur rocheuse avec une vue très large sur les environs. Autrefois le territoire alentour correspondait à l’une des huit baronnies du Gévaudan. Abandonnée depuis le 18ème siècle, la forteresse a été remise en état depuis une vingtaine d’années par une association de passionnés qui ont restauré la haute tour de l’ancien donjon (11ème siècle) dont ils ont rouvert l’accès en construisant un escalier agrémenté d’une catapulte du Moyen Âge avec une impressionnante tête de loup (pour évoquer la Bête de Gévaudan). La chapelle castrale (12ème siècle) est redevenue un lieu de culte avec un joli intérieur. Du village de Prunières, en un peu moins de 4kms, nous voici de retour au bercail.

Lundi 8 juin : Nasbinals et l’Aubrac (74km et 914m de dénivelé : données Jean Luc)

Il nous faut faire une approche de 25 kilomètres vers le sud en voiture pour atteindre notre point de départ : Aumont-Aubrac pour une journée consacrée au parc de l’Aubrac situé entre 1100 et 1200 mètres d’altitude. Nous partons vers Lasbros puis continuons vers La Fage Montivernoux et ensuite vers Nasbinals. Le temps est couvert et la température fraîche avec une brise quasi continue.

C’est un paysage de plateau où les pâturages sont omniprésents avec quelques bosquets et arbres isolés. Les moines ont déboisé la région au 12ème siècle mais le sol de basalte et de granit s’est révélé plus adapté à la prairie d’élevage qu’à la culture du seigle. On remarque de ci de là des accumulations de gros blocs rassemblés récemment par les engins agricoles alors que les parcelles sont séparées par de vieux murets de pierres ramassées à la main.

Les randonneurs à pied sont nombreux, souvent en groupe car ici passent plusieurs chemins de randonnée : le chemin de St Jacques de Compostelle qui part du Puy en Velay, le chemin de Si Guilhem vers Montpellier, le chemin d’Urbain V vers Avignon et aussi le Tour de l’Aubrac. Cette forte présence est frappante notamment lors de notre arrivée à Nasbinals, l’un des principaux points d’accueil de l’Aubrac. Nous faisons une petite halte en jetant un coup d’œil à la jolie église Sainte Marie puis nous nous dirigeons vers Marchastel à l’est avec sa butte et son petit hameau pittoresque.

Nous atteignons le château de la Baume. Il fut construit comme ouvrage défensif en récupérant les pierres venant du démantèlement du château fort de Roc de Peyre (1630). Il a été ensuite complété par une résidence d’agrément inspirée de l’Italie et de Versailles (1714). C’est pour ses jolis décors, peintures et tapisseries, sa mini galerie des glaces qu’on l’appelle le Versailles du Gévaudan. A noter que le château a abrité en 1765 l’arquebusier de Louis XV, François Antoine, missionné par le roi pour chasser et abattre la Bête de Gévaudan.

Une longue descente nous conduit au lac du Moulinet où Jean Luc est victime d’une crevaison juste en arrivant. Ce sera la seule crevaison de la semaine. Nous pique-niquons au bord du lac : il est presque 14h car il avait été décidé de s’avancer au maximum pour cet arrêt, compte tenu des pluies et des orages annoncés par la météo. La menace semble effectivement se concrétiser par quelques gouttes qui commencent à tomber à la fin du repas. Mais en fait très vite l’éclaircie prend le dessus et nous parvenons à Aumont-Aubrac sans encombre, direction le centre du village pour un petit café bien mérité, avant de charger les vélos et de monter dans les voitures.

Mardi 9 juin : le Viaduc de Garabit (72km et 1125m de dénivelé : données Jean Luc)

Nous nous lançons dans une boucle au nord de Le-Malzieu-Ville vers le viaduc de Garabit.

Après St Léger-du-Malzieu, direction sud-ouest pour escalader 200 mètres en 6 kilomètres au milieu des bois. Un peu de montée encore et, après Le Bacon, nous sommes sur un plateau avec de jolis paysages : vue à droite sur les Monts de Margeride et vue à gauche sur le lac artificiel de Grandval puis sur les restes du château d’Alleuze. Ensuite nous dépassons Faverolles avec le joli petit château de Chassan avant une descente de 15km d’abord modérée puis plus marquée, pour nous abaisser de 350 mètres jusqu’au bord du lac de Grandval situé à 750 mètres d’altitude.

Diverses activités aquatiques y sont proposées et y est installé un petit port pour les bateaux de plaisance. Ce sera donc le pique-nique au bord du lac avec le café réglementaire au bar restaurant voisin. C’est à ce moment que surgit du néant, Luc qui avait eu des difficultés avec sa batterie de vélo le matin. Après nous avoir laissé filer, il avait résolu son problème et avait réussi à faire le parcours seul avant de nous retrouver dans cet endroit qu’il avait pu situer par un petit coup de fil opportun.
Une fois repartis à vélo, nous découvrons le viaduc de Garabit, imposant ouvrage qui marque l’apogée de la technologie métallique à la fin du 19ème siècle. Après une première remontée – avec moult prises de photos vers le viaduc – nous atteignons le coquet village de Chaliers situés sur un éperon rocheux. Marie Agnès nous fait parcourir le village : sa petite église, son tilleul remarquable et son cimetière suspendu au-dessus de la Truyère. C’est un joli belvédère avec vue sur le cours d’eau en fond de vallée et sur la pittoresque passerelle de Valadour qui franchit la rivière.

Un peu plus loin, lors d’une halte devant une maison typique, nous nous attardons sur la beauté rugueuse des maisons de granit de la région : des pierres taillées en carrés parfaits avec, sur le toit, des ardoises de lauze très épaisses nécessitant des charpentes très résistantes. Et souvent, attenante à la maison, une grange en premier étage accessible par une pente – le montadou – permettant aux chariots d’autrefois d’accéder directement au grenier à foin.
Après une dernière remontée sur une hauteur de 200 mètres, nous arrivons au soixantième kilomètre non loin de Julianges, pour une dernière descente. Nous terminons les sept derniers kilomètres sur du quasi plat, insouciants et légers comme si nous étions sur des chemins buissonniers.

Mercredi 10 juin : jour de repos

Ayant endossé nos habits civils nous nous dirigeons en voiture vers la petite ville de Saugues situé à 26 kilomètres au nord-est de Le-Malzieu-Ville. Marie Agnès y a réservé pour nous la visite du musée de la Bête de Gévaudan. C’est un parcours en 22 scènes permettant de mieux comprendre comment a été bouleversée la vie dans cette région entre 1764 et 1767. Des mannequins un peu comme au musée Grévin prennent vie par le pouvoir du son et de la lumière : chaque personnage est successivement éclairé et présenté si bien que l’on peut l’identifier et lui attribuer ses paroles. A l’époque les paysans, paysannes, bergères, voyageurs ne sortaient plus sans la peur à tout moment d’être attaqués par La Bête. Les rumeurs les plus folles circulaient : on l’avait vue ici, on l’avait vue là, mais non, elle était partie plus loin... Etait-elle un gros loup, une meute de loups, un ours, un lion, un homme déguisé en loup, le diable en personne et/ou le châtiment de Dieu ?
Cédant aux supplications de la population, Louis XV envoie d’abord un capitaine avec ses 57 dragons en promettant une récompense de 6000 livres à qui tuerait la Bête. Echec complet. Puis il dépêche son propre arquebusier, promu louvetier du roi. Celui-ci tue un gros loup le 21 septembre 1765 et le fait envoyer au roi qui considère l’affaire réglée et s’en désintéresse totalement par la suite. Cependant les attaques reprennent avec de nouvelles victimes. C’est le marquis d’Apchier qui recrute maintenant des volontaires pour traquer la Bête. Finalement un paysan, Jean Chastel, sera considéré comme en étant le véritable tueur après qu’il ait tué un loup le 2 juin 1767 et que le calme soit revenu depuis lors.

Après un repas sympathique et savoureux au restaurant Le Gévaudan, nous reprenons les voitures sous la houlette de Marie Agnès qui nous emmène contempler la magnifique Tour octogonale de La Clauze, ancrée dans son socle de granit et unique survivance de l’ancien château. Ensuite une petite visite de la domerie templière du domaine du Sauvage aujourd’hui propriété du département de la Haute Loire et servant d’accueil pour les randonneurs de St Jacques. Enfin un petit arrêt à la Chapelle Saint Roch, lieu de recueillement pour les pèlerins et retour au Malzieu par Lajo et le col de Montruffet.

Jeudi 11 juin : Le Mont Mouchet (76km et 1274m de dénivelé : données Jean Luc)

Plat au départ, le parcours nous fait repasser par St Léger-du-Malzieu pour atteindre Chaulhac où nous contemplons un joli panorama vers la Truyère en bas et vers le cirque de Paladine. Plus loin se profile le Plomb du Cantal. Nous sympathisons avec une vieille dame qui nous raconte sa vie passée à Lyon puis son retour comme retraitée, dans ce village où elle est née. A partir de Chassagne au 23ème kilomètre, une montée longue de 16km nous fait passer de 800 à 1370 mètres. Heureusement le pourcentage reste entre 3 et 4% la plupart du temps. Chacun monte à son rythme dans un environnement qui devient de plus en plus forestier. Une petite halte au sommet et nous poursuivons notre périple vers le nord.

Nous nous arrêtons devant une stèle dédiée à tous les enfants de troupe morts pour la France, certains ayant été tués dans cette région en résistant aux allemands (avec les explications documentées de Luc). Nous arrivons au Mont Mouchet où se situe un musée dédié à la Résistance car ce massif forestier fut un lieu d’affrontements sanglants avec l’armée allemande en juin 1944. Ainsi que nous l’avaient promis Marie Agnès et Christian, nous trouvons une auberge ouverte à proximité du musée. Ce sera un très bon endroit pour le pique-nique, accompagné de boissons et pâtisseries, sans oublier le café final.

A peine repartis nous passons à côté de la sogne d’Auvers (une sogne est une parcelle marécageuse). Christian nous indique que c’est le lieu où a été finalement tuée la Bête de Gévaudan (le 17 juin 1767) par le paysan Jean Chastel. Juste à côté dans le village d’Auvers, nous trouvons une statue de bronze plutôt réussie qui représente la Bête de Gévaudan avec une jeune fille qui lui fait face (Marie Jeanne Valet qui avait réussi à blesser la bête et à la mettre en fuite). Ce sera le prétexte à de nombreuses photos montrant nos cyclos fiers comme des héros, comme si, en ayant vaincu la pente, ils avaient aussi un peu vaincu la Bête.

Peu après nous entamons une belle descente mais nous laissons la route que nous aurions dû prendre vers Le Malzieu pour faire un crochet par St Privat du Fau. En effet dans ce joli village, nous sommes accueillis dans le beau logis restauré avec goût par Marie Agnès. Une belle inscription au-dessus de l’entrée de sa maison indique « A 1810 T » : les initiales des propriétaires d’alors et l’année de construction. Nous sommes conviés à un petit goûter avec des rafraîchissements et quelques gâteries aux mûres, myrtilles ou mirabelles. Mais, mais, ce n’est pas fini : il nous restera une bonne grimpette pour rejoindre la route qui nous ramène à Le-Malzieu-Ville.

Vendredi 12 juin : La Baraque des Bouviers (73km et 1177m de dénivelé : données Jean Luc)

Une approche en voiture nous amène de nouveau à St Alban-sur-Limagnole. Nous partons vers l’est pour un circuit en forme de croissant. Dès le départ la montée commence et nous escaladons 500 mètres jusqu’au col de la Baraque des Bouviers (1410m) par une route trop large perdue au milieu des prés. Petite descente et ensuite petite montée qui nous emmène au col de la Croix de Bor (1416m).
Quelques-uns d’entre nous se lancent dans une petite variante pour accompagner Luc vers son mille-soixantième trophée ou un peu plus… Il s’agit bien sûr du nombre de cols franchis dans sa belle carrière de grimpeur. Cette petite équipe motivée va se relayer auprès de son leader pour atteindre, photo à l’appui, le col des 3 Sœurs (1454m). A noter que c’est à cet endroit que la Truyère prend sa source.

Nous suivons La Truyère en passant par La Villedieu et Les Laubies. Ensuite nous attend une route qui multiplie petites descentes et montées abruptes. Comme les jours précédents nous remarquons les agriculteurs qui s’activent à la fenaison avec leurs faucheuses et botteleuses-lieuses déposant de ci de là dans les prés, les énormes bottes emballées sous film plastique. Nous arrivons à Serverette sur la route de Mende dont la circulation est très intense.
Une prairie-camping au bord de la rivière nous fournira une aire de pique-nique adéquate. Et à la sortie du village nous pourrons prendre un petit café très adéquat lui aussi. Nous passons à Fontans et aux Estrets avant une remontée sévère qui nous emmène sous un soleil vif de 940m à 1100m d’altitude. Nous laissons de côté Aumont-Aubrac pour une petite descente jusqu’à Rimeize. Reste à filer par une route plate et très roulante pour retrouver St Alban, notre point final de la journée et de la semaine. Enfin pas tout à fait car une petite soirée conviviale nous attend au camping selon une formule qui a fait ses preuves : l’auberge espagnole où à chaque fois on se demande d’où les cyclos sortent tous ces restes.… avant le retour final à la tarte aux myrtilles de Marie Agnès.

(récit de la semaine rédigé par François Poret avec les précisions fournies par Marie Agnès)

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