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Un jour sans, et avec...
jeudi 1er octobre 2026, par
Qu’il est bon, qu’il est doux de rouler ensemble…
Hier était pour moi un jour sans, un jour comme je n’en avais jamais connu. Le parcours était plutôt facile, le temps agréable et la compagnie conviviale. Prudemment j’étais parti avec le groupe des ‘randonneurs’ qui avaient décidé d’oublier la côte de Castelnau. Tout s’annonçait bien… Et puis, très vite, malgré l’aide de mon moteur et alors que je croyais rouler sans trop d’effort, j’ai vu l’écart grandir avec le gros de la troupe. M’efforçant de rattraper mon retard j’ai vite senti que les jambes ne répondaient plus très bien et l’écart croissait encore. Au croisement de la D20 trois cyclistes m’attendaient : Adeline, Liliane et Michèle. Elles allaient être mes ‘anges gardiens’ tout au long du parcours. Se relayant à l’avant elles tentaient de m’aspirer et moi, derrière, ne regardant que mes roues et tâchant de ne penser à rien, je prenais toujours du retard. Prétextant la présence d’une boutique fermière, Adeline suggère une pause. Merci !
Et puis nous repartons, traversons St Jory et roulons par St Caprais jusqu’à Castelnau. Décidément ça ne va pas et, en haut de la douce côte au sortir de Castelnau, je mendie une nouvelle pause. J’avale un biscuit qui me redonne un peu d’énergie pendant 100 mètres… Et puis ce sera ainsi jusqu’au bout : arrêts tous les dix kilomètres, puis tous les 3 km… J’invoque toutes les raisons d’une telle défaillance : fringale, mauvaise nuit, ma roue avant mal gonflée, l’âge peut-être… Et toujours ces trois ‘anges’ qui m’attendent, m’accompagnent, m’encouragent, me conseillent de mettre mon moteur au maximum de sa puissance. Avec toujours, sur leurs visages, un sourire bienveillant et, sans apitoiement, l’air de me faire croire que tout est normal.
Cette sortie qui aurait pu n’être qu’un calvaire s’est avérée finalement être une source d’une profonde gratitude et d’une grande joie. Je venais de vivre une vraie journée de notre club telle que, la veille, nous l’avait présenté notre Présidente. Merci à vous, mes chères Adeline, Liliane et Michèle, et vive ce beau club !
Jean
L’Union Cyclotourisme
Messages
1. On part ensemble, on rentre ensemble , 1er octobre, 18:07, par Jack
Cher Jean,
Je n’ai pas encore le plaisir de vous connaître car je n’ai intégré le groupe que très récemment, mais je tiens à réagir à cette petite narration et cela, pour plusieurs raisons.
La première, c’est que tous les cyclistes que je connais ont, un jour ou l’autre, ce petit coup de barre dont vous parlez. Celles ou ceux qui ne l’ont pas encore affronté ne perdent rien pour attendre. En cela, rien d’inquiétant et surtout, rien d’anormal.
La deuxième raison, c’est que je trouve ce billet extrêmement touchant et empreint d’une profonde gentillesse envers vos trois anges gardiens. Comme le dit le titre de mon commentaire, on part ensemble et donc on rentre ensemble, c’est la base, ce qui n’empêche nullement les plus forts de partir devant, même s’il est également fréquent qu’un costaud joue le rôle de serre-file et s’assure que personne n’est oublié en cours de route et livré à lui-même.
Bravo mesdames pour avoir trouvé les mots qui ont permis à Jean de terminer son chemin de croix d’un jour sans et bravo à Jean d’avoir puisé dans ses ressources. Ça, c’est ce que j’appelle une équipe !
Au plaisir de rouler à vos côtés très prochainement.
Amitiés,
Jack
2. Un jour sans, et avec..., 2 octobre, 08:08, par André
Merci Jean pour ce billet si bien écrit et qui retranscrit parfaitement les sentiments que nous ressentons sur le vélo un jour "sans". Quelle belle plume !
Et comme le dit Jack personne n’est à l’abri d’une telle mésaventure.
Magnifique cohésion de groupe qui est à l’image du club.
A très bientôt sur les routes.
Très amicalement
André
3. Un jour sans, et avec..., 2 octobre, 11:12, par Luc Passera
Jean est exceptionnel. Il n’avait jamais connu des « jours sans » écrit-il. Heureux homme ! Nous sommes sans doute assez nombreux à avoir connu des « jours sans » même au printemps de la vie. Merci à lui pour cette illustration de ce qu’est un vrai club de cyclotourisme. Et bien sûr bravo à ses anges-gardiens qui exceptionnellement étaient sexués !